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Point de vue

L’essentiel

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

J’écris aujourd’hui mon dernier billet. Je suis très reconnaissant à L’Illustré de m’avoir offert cette tribune qui m’a permis de partager avec vous mes réflexions sur la nature et l’environnement, cent cinquante fois pendant trois ans. Notre journal change de formule et je lui souhaite plein succès pour la suite, espérant que L’Illustré réservera toujours une large place à la nature et à l’écologie.
Puisqu’il ne me reste que ces ultimes lignes, je veux me concentrer sur l’essentiel : un message d’amour.
Mon engagement pour la nature n’est pas dû à la peur, encore moins à la haine de ceux qui la détruisent. Il est fondé sur l’amour de la Terre, de sa beauté, de sa diversité, de sa générosité. Les plantes et les animaux sont mes frères et mes sœurs, et c’est comme membre d’une grande famille que je les aime et que je prends leur défense.
Bien sûr, pour éviter que la nature soit dégradée, et que des humains de plus en plus nombreux manquent de ressources, il faut prendre position, s’engager et parfois s’opposer avec force et courage contre une pensée, un projet ou une action qui menace la nature.
Mais quelles que soient la véhémence de nos critiques, la profondeur de nos déceptions et de nos douleurs, ou notre incompréhensions pour les choix et les agissements de nos semblables, recherchons d’abord la paix et l’harmonie en nous-mêmes, pour ensuite les rayonner et les communiquer autour de nous. Notre engagement s’inscrit alors dans un élan d’amour pour la vie sous toutes ses formes, et nous devenons plus efficaces, et plus heureux.

Au revoir !

L’Illustré 16/10

Prospérité sans croissance

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

L’idéologie de la croissance, qui semble avoir contaminé la plus grande partie du genre humain, repose sur une absurdité et sur un mensonge. L’absurdité est de croire qu’un système puisse croître indéfiniment dans un monde fini. Le mensonge est de cacher que nous sommes en réalité déjà en décroissance depuis de nombreuses années. Nous épuisons les ressources naturelles. La production industrielle croît, mais les ressources naturelles dont elle dépend décroissent. Le bilan global est une décroissance du capital. Malheureusement les économistes classiques ne tiennent pas compte du capital naturel, raison pour laquelle ils ont créé l’illusion de la croissance.
La croissance pose la question des limites. Jusqu’où est-il possible de croître sans épuiser les ressources et sans détruire la biosphère ?
La pression de la société industrielle est déjà mesurable : augmentation de 30% du gaz carbonique contenu dans l’atmosphère, deux tiers des écosystèmes sont surexploités, et il faudrait 3 Planètes pour que l’ensemble de l’humanité puisse vivre au niveau des Suisses, ou 7 pour vivre au niveau des USA.
Qu’en sera-t-il lorsque des peuples beaucoup plus nombreux auront adopté notre style de vie, et que la nature aura encore reculé ?
Les techniques modernes efficaces pourraient alléger la pression que l’homme exerce sur la nature : énergies renouvelables, réduction de la consommation de ressources et d’énergie pour le même produit, économies d’énergie. Nous pourrions aussi éliminer les techniques qui polluent et surtout celles qui laissent des traces délétères sur une longue durée, comme l’énergie nucléaire et les produits chimiques persistants.
Mais la politique tient un discours incohérent entre croissance et préservation des ressources, raison pour laquelle elle ne parvient pas à mettre en place des instruments efficaces d’incitation à mieux et moins consommer.

Se réconcilier avec la Terre
Nous devons nous réconcilier avec la terre. Notre crise écologique est une crise morale, une crise des valeurs provoquée par une rupture entre l’homme et la nature.
« Les anciens Lakotas étaient sages. Ils savaient que le coeur de l’homme s’endurcit quand il s’éloigne de la nature; ils savaient que le manque de respect pour tout ce qui croît et vit aboutit très vite au manque de respect pour les hommes. C’est pourquoi ils veillaient à ce que les jeunes restent proches de l’influence pacifiante de la nature. » Luther Standing Bear, chef Lakota (Sioux), XIXe Il faut donc inventer un autre système économique qui permette de satisfaire les besoins essentiels de tous, tout en réduisant la pression sur la nature. Il faut aussi stabiliser la population humaine à un niveau qui permette un juste partage des biens, sans destruction des ressources.
La nature nous offre un modèle idéal. Elle fonctionne à 100% à l’énergie solaire et géothermique, produit chaque année des milliards de tonnes de bois, d’eau douce, de poissons, de viande, de plantes, de médicaments, d’oxygène, sans croissance globale et sans aucun déchet qui ne soit immédiatement recyclé. Et ceci depuis des millions d’années. Ce fonctionnement optimal de la nature repose sur des qualités essentielles que nous ferions bien d’imiter : la diversité, la complémentarité et l’équilibre dynamique entre tous les êtres vivants.

C’est cela le développement durable.

L’Illustré 13/10

2010 Année de la biodiversité

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

Quelles que soient nos convictions sur le plan spirituel, il ne fait aucun doute que l’être humain est matériellement une espèce étroitement apparentée à toutes les autres. Nous sommes constitués des mêmes atomes et des mêmes acides nucléiques que les microbes, les plantes et les animaux. Nous n’avons pas été déposés au-dessus du monde : nous avons évolué ensemble, avec toutes les autres espèces, avec lesquelles nous sommes donc reliés de la manière la plus intime. Qu’une seule des ces espèces vienne à disparaître et le système s’appauvrit, se fragilise. C’est pourquoi le lynx n’extermine jamais les chevreuils ou les chamois dont il dépend, et que les fourmis restituent à la nature les milliards de tonnes de végétaux, d’animaux et de minéraux qu’elles consomment et déplacent, afin que leur écosystème puisse à nouveau produire ce dont elles auront besoin. Même si notre conscience d’appartenir pleinement à la grande famille du vivant s’émousse dans nos villes, nos voitures et nos bureaux, nous courons comme des chevaux, nous respirons comme des merles, nous mangeons comme des ours, nous digérons comme des vers de terre, et nous mourons comme tout ce qui vit. La destruction des forêts, l’assèchement des marais, le bétonnage des sols affaiblit notre système d’existence collective et nous conduit à l’effondrement, qui commence déjà par une lutte fratricide pour les ressources et la misère de masses toujours plus nombreuses et finira dans le chaos général. Pour ne pas en arriver là, il est temps de considérer les plantes et les animaux comme nos frères et sœurs, de les respecter avec reconnaissance pour tout ce qu’ils nous offrent, et de renouer notre alliance avec la terre.

L’Illustré 1/10

Transports : le temps des priorités.

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

Le Conseiller fédéral Leuenberger propose un nouveau système compliqué d’impôts sur les transports, parce que la Confédération cherche 75 à 85 milliards supplémentaires pour développer les transports publics jusqu’en 2040. Cette somme, qui représente 2 à 3 milliards par année, paraît énorme. On peut toutefois la comparer aux 65 milliards que le peuple et les autorités suisses dépensent chaque année, tout compris, pour les transports routiers, selon les chiffres de l’office fédéral de la statistique.
L’histoire récente nous démontre que plus nous construisons, élargissons et améliorons les routes, plus la circulation automobile augmente, avec son cortège de bruit, de pollutions et de dangers.

« Notre santé, le paysage et l’environnement y gagneront »

Après avoir largement favorisé la route pendant cinquante ans, il est temps de donner la priorité aux transports publics, qui coûtent aujourd’hui dix milliards par an, soit six fois moins que la route. Le but doit être de réduire la circulation automobile, d’améliorer les services rendus par les transports publics, et de favoriser la mobilité douce, à pied et à vélo. Notre santé, le paysage et l’environnement y gagneront. Nous n’avons pas besoin de nouveaux impôts pour cela. Il suffit d’affecter une part plus importante des impôts sur les carburants aux transports publics. L’initiative de l’Association transports et environnement, qui demande de transférer un milliard du budget fédéral de la route au rail, sans dépense supplémentaire pour la Confédération, est un premier pas dans ce sens. Elle a déjà récolté 150’000 signatures en huit mois.

Si il manque encore la vôtre, vous pouvez signer sous : www.initiative-ate.ch.

L’Illustré 48/09

Nature et climat, un couple inséparable

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

La nature s’endort pour l’hiver. Elle se pare des plus belles couleurs, et nous offre généreusement ses derniers fruits. Cette magnificence de l’automne ne serait-elle pas là juste pour nous dire : ne m’oublie pas. N’oublie pas que si je ne me réveillais pas au printemps, tu aurais vite fait d’épuiser tes réserves. Je ne pourrai plus régénérer ton air, produire ta nourriture, transformer tes déchets en nouvelles vies, ou te faire de l’ombre aux jours les plus torrides.

« Les changements climatiques ne seraient pas si graves si l’on protégeait la nature »

Ne m’oublie pas quand tu iras à Copenhague, au début décembre, pour parler climat. Car c’est encore moi qui te protège le mieux contre les excès de chaleur, d’eau ou de sécheresse, et contre les tempêtes. Mes forêts, mes prairies et mes zones humides captent le CO2 dans le bois et le sol, protègent le sol contre l’érosion, absorbent en douceur les pluies torrentielles. La diversité des espèces me permet de m’adapter aux changements climatiques, pour autant que tu me laisses assez de place. Les changements climatiques ne seraient pas si graves si l’on protégeait la nature. C ‘est lorsqu’on l’affaiblit ou qu’elle disparaît que les pluies, les ouragans ou les sécheresses affectent les humains. Ce n’est pas par hasard que les deux grandes conventions de l’ONU sur le climat et sur la biodiversité ont été signées ensemble en 1992 à Rio : elles sont complémentaires et dépendantes l’une de l’autre. Pourquoi alors si peu de politiciens prennent-ils au sérieux la protection de la nature, qui pourtant est la source et le support de toute vie, et notre meilleur moyen de limiter les dégâts dus aux changements climatiques ?

L’Illustré 45/09

Moins bons que des microbes ?

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Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

La paramécie est un organisme unicellulaire qui mesure un dixième de millimètre. Elle vit dans l’eau stagnante et sert de nourriture aux alevins de tout petits poissons. Elle se reproduit par division cellulaire à la vitesse de trois ou quatre fois par jour. Une paramécie qui n’aurait pas d’ennemis, et une place illimitée, produirait une tonne de descendants en quinze jours. Sa descendance atteindrait la masse de la Terre en un mois. Incroyable, pour une si petite bête. La nature fait en sorte que cela n’arrive pas, et la paramécie est en équilibre avec l’eau et la nourriture disponibles et ses prédateurs. Ses populations fluctuent, mais elles ne détruiront jamais la planète.

« Nous nous entassons dans un monde appauvri »

Ne sommes-nous pas plus raisonnables que des paramécies ? Pourtant beaucoup d’entre nous pensent que l’humanité et ses activités économiques doivent croître sans fin. Toujours plus nombreux, toujours plus. Pourtant nous savons bien que les ressources et l’espace sont limités : les forêts tropicales disparaissent, le cycle de l’eau est perturbé, de nombreuses espèces sont menacées, les ressources dont nous dépendons s’épuisent. Nous nous entassons dans un monde appauvri. Pourquoi avons-nous tant de peine à changer d’objectifs, à vivre mieux avec moins, à stabiliser puis réduire la population humaine, à mieux partager pour ne pas gaspiller et à renoncer à certains comportements absurdes (nous pouvons facilement en dresser une liste personnelle) ? Si nous ne le décidons pas nous-mêmes, c’est la nature qui nous l’imposera, brutalement.

L’Illustré 38/09

Le droit à l’eau

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Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

La Journée mondiale de l’eau remet sur la table la revendication du droit à l’eau, concept flou qui cache des luttes idéologiques sur la propriété des ressources en eau, mais qui occulte complètement la question essentielle, celle de nos devoirs envers l’eau, car il n’existe aucun droit qui ne soit associé à un devoir.
« Nous avons trois devoirs envers l’eau »

  • Ne pas la gaspiller, dans nos vies quotidiennes, même lorsqu’elle est abondante, mais aussi en limitant l’irrigation des cultures agricoles qui utilisent 80 à 90% de l’eau consommée dans le monde.
  • Ne pas la polluer. Les principaux polluants sont les engrais, les pesticides, les décharges et les micropolluants chimiques que nous utilisons dans notre vie quotidienne. Il faut interdire les produits chimiques qui ne se dégradent pas entièrement, promouvoir une agriculture biologique et remettre en question le déversement dans l’eau de nos déjections, qui peuvent très bien être compostées.
  • Protéger et gérer durablement le cycle entier de l’eau. L’eau tombe du ciel, généreusement, mais elle a besoin d’être accueillie avec douceur sur des sols sains pour être filtrée, stockée et redistribuée régulièrement. Les déforestations, le surpâturage, l’assèchement des zones humides et l’agriculture intensive ont rompu le cycle de l’eau.

C’est seulement lorsque nous aurons assumé ces devoirs qu’il y aura assez d’eau à partager pour les besoins essentiels. Nous pourrons alors légitimement revendiquer un droit à l’eau pour tous.

L’Illustré 12/09

Promesse

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

Quel automne magnifique, spectacle de couleurs, concert de chants d’oiseaux, senteurs d’humus mêlées aux parfums des fleurs de lierre ! Les tracteurs conduisent les derniers chargements de raisin et une foule de tournesols, la tête penchée, gorgés d’huile attendent la moisson prochaine. Les bourgeons terminent leur préparation pour l’hiver et dans les champs fraichement labourés je vois les premières pousses de blé et de colza capter les rayons chauds du soleil d’octobre.

« J’étais simplement à contre courant, lent, paisible, attentif et reconnaissant envers la nature »

Les castors des étangs de Verbois amassent les branches sous l’eau pour parer aux périodes de gel à venir, la laie laboure la prairie de mes moutons pour que ses marcassins soient suffisamment grands et gras avant les frimas de l’hiver. Récoltes, abondance, générosité de la nature et déjà la promesse d’un nouveau cycle.
Plein de cette rêverie je croise sur le chemin du Rhône un marathon. Le bienfait de pratiquer un sport pour faire fonctionner son système cardio-vasculaire est évident et je salue le bel effort de ces coureurs innombrables, essoufflés, hagards, déterminés d’aller le plus vite possible, je ne sais où. Mais je constate qu’ils n’ont aucun regard pour le paysage magnifique dans lequel ils courent et certains me bousculent à leur passage pour ne pas perdre le temps d’un écart. Ils me font alors penser à notre société, toujours plus pressée d’aller nulle part, sans attention ni respect pour la nature qui nous soutient, fébrile et avide jusqu’à l’épuisement. J’étais simplement à contre courant, lent, paisible, attentif et reconnaissant envers la nature pour cette promesse qu’elle fait chaque automne et qu’elle tient, infailliblement.

L’Illustré 43/08

Deux initiatives (trop) raisonnables

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

Le dépôt consécutif de deux initiatives pour la nature et l’environnement témoigne d’une grande vitalité citoyenne. Ces deux initiatives sont très modérées, peut-être trop, et chacune comble un grave déficit.
L’initiative des jeunes verts pour l’interdiction des véhicules les plus polluants tombe sous le sens. A un moment où la planète étouffe et où l’on se creuse la tête pour trouver des solutions aux changements climatiques, il est impensable qu’une partie des citoyens roulent avec des voitures qui consomment plus de 10,5 litres aux cent kilomètres alors qu’il existe des véhicules qui rendent les mêmes services à une consommation moindre. L’initiative est rendue nécessaire par l’échec d’une convention signée en 2002 par laquelle les milieux de l’automobile s’engageaient à réduire de 3% par an la consommation moyenne des véhicules mis en vente en Suisse.

Lorsque la bonne volonté fait défaut, il faut bien des contraintes.

En ce qui concerne l’initiative pour la protection du paysage, elle est nécessaire parce que notre loi sur l’aménagement du territoire n’est pas appliquée correctement par les cantons et que l’on continue à bétonner un mètre carré de terre helvétique chaque seconde. Puisque les cantons ne sont pas parvenus à modérer le grignotage du sol et la dégradation des paysages, il faut bien que le peuple demande à la Confédération de reprendre les choses en mains. Cette initiative est aussi très modérée, puisqu’elle demande essentiellement que l’on remplisse les zones de construction existantes avant d’en déclasser de nouvelles, et qu’elle prévoit même la possibilité de dérogations.

L’Illustré 36/08

Urgence pour l’eau pure

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

Depuis la révolution néolithique, nous avons pu vivre dix mille ans dans une société agricole et industrielle sans pétrole, sans chimie. Mais nous ne pouvons pas vivre plus de trois jours sans eau. Or justement le pétrole, les pollutions qu’il engendre et l’industrie chimique qu’il a générée depuis cent ans sont en train de compromettre nos ressources en eau. Nous découvrons de plus en plus de rivières contaminées par des substances chimiques toxiques, cancérigènes ou qui interfèrent avec notre système hormonal, comme les PCB, les médicament et les additifs pour les lessives, les produits de beauté ou les plastiques.

« Nous découvrons de plus en plus de rivières contaminées par des substances chimiques toxiques »

Nous avons diminué avec succès les taux d’azote et de phosphates dans les lacs, leur rendant transparence et oxygène, et nous sommes en train d’assainir des décharges issues de l’inconscience et de l’irresponsabilité passées. Mais nous ne savons pas comment combattre la pollution insidieuse qui transforme déjà la vie des poissons et menace directement notre santé, parce qu’on ne peut pas nettoyer nos eaux des milliers de substances chimiques que nous rejetons, souvent sans le savoir dans nos égouts, sur nos routes, dans nos champs.

Parce que l’eau pure est essentielle de notre vie, il y a urgence à stopper ces pollutions en prenant trois mesures:

  • recycler à 100% nos déchets;
  • passer à agriculture biologique pour l’ensemble du pays;
  • obliger l’industrie chimique à ne commercialiser que des produits totalement et rapidement biodégradables.

Voilà de magnifiques défis moteurs de vie, pour notre pays et pour le monde.

Quel parti politique en fera son emblème ?

L’Illustré 23/08