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Mésanges bleues

Cet article présente le point de vue de l’auteur et ne représente pas forcément celui d’EcoGeste.ch.

Dr Philippe Roch, ex-secrétaire d’Etat à l’Environnement

Sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, un nichoir abrite une famille de mésanges bleues.
Les allées et venues sont devenues très fréquentes, et les petits piaillent à l’intérieur, jamais rassasiés. Dans quelques jours, ce sera l’envol. Les parents vont très vite préparer une nouvelle nichée. Dix à vingt petits par an, des centaines de kilomètres parcourus, des milliers d’insectes engloutis: le foisonnement de la vie; l’équilibre aussi, car sans ces insectes pas de mésanges, et sans les mésanges mes arbres fruitiers ravagés ne produiraient pas grand-chose. Résultat de toute cette agitation: le maintien, année après année, d’un seul couple de mésanges.

« La nature a doté les animaux de deux stratégies de reproductions »

La nature a doté les animaux de deux stratégies de reproduction. Certaines espèces, comme l’aigle ou l’éléphant vivent plusieurs dizaines d’années. Elles ont peu de petits.
D’autres, comme les grenouilles ou les rongeurs, sont très prolifiques, mais vivent peu de temps, et la plus grande partie de leur progéniture sert de nourriture à d’autres. En moyenne, il faut une mort pour permettre une vie car, comme le disait l’artiste, naturaliste et philosophe genevois Robert Hainard le monde est plein.
Grâce à l’hygiène et à la médecine, l’être humain semble échapper à cette règle.
Prolifique et vivant longtemps, sa population s’est multipliée par six en cent cinquante ans, par deux en quarante ans. Mais la règle demeure et si notre intelligence ne nous conduit pas à contrôler et à stabiliser notre population, c’est la nature qui s’en chargera à coups de famines, de massacres ou d’épidémies.

L’Illustré 22/08