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Les abattages de lynx planifiés dans le canton de Soleure

Deux lynx doivent être capturés dans le Jura soleurois, pour être déplacés ailleurs en Suisse ou dans un pays voisin. Si le déplacement n’a pas lieu, le canton de Soleure a décidé de les tuer afin de réduire la population locale.
Il est totalement scandaleux d’abattage des animaux protégés. En Suisse, le lynx est une espèce protégée par la Loi sur la chasse. Il n’est permis d’abattre des individus isolés que s’ils commettent des dégâts insupportables ou qu’une autre espèce est menacée d’extinction. En revanche, aucune réduction du nombre de lynx en vue d’influencer la population de chevreuils n’est prévue dans la Loi.
Pourtant, le département de l’économie du canton de Soleure a ordonné à fin 2007 l’abattage de deux lynx cette année dans le Jura soleurois pour en réduire l’effectif.
Les populations de lynx se régulent d’elles-mêmes comme tout prédateur. Si la nourriture vient à manquer, alors il va s’en suivre un diminution des effectif. Ce principe simple n’est apparemment pas compris de tous.
Pour que ce grand félin y retrouve sa place, il faut de bonnes populations au niveau régional afin qu’il puisse revenir naturellement, ou procéder à des déplacements ciblés.
Les fédérations suisses de chasse refusent les deux alternatives, et réclament unilatéralement la réduction drastique des populations de lynx. On pourrait également réclamer une diminution drastique de la population de chasseurs. N’oublions pas que la chasse n’a sa place que parce qu’elle joue le rôle des prédateurs qu’elle a fait disparaître. Si les milieux de la chasse veulent continuer d’oeuvrer dans leur loisir, ils doivent accepter des compromis en admettant qu’il y ait d’autres prédateurs en compétition avec eux, ce qui devrait rendre la chasse plus intéressante. Une synergie entre les différents intérêts est une solution durable pour tous, à chacun de trouver sa place en modérant sa position.
Un premier abattage de lynx en vue de réduire son effectif constituerait une évolution dangereuse du statut de cet animal, pouvant mener à terme à une nouvelle disparition.