Évolution de la biodiversité en Suisse depuis 1900
Évolution de la biodiversité en Suisse depuis 1900 – Avons-nous touché le fond?
La biodiversité est le fondement même de notre vie; l’estimation de sa valeur économique, écologique, sociale et esthétique ne sera jamais trop élevée. Ainsi, en 2003, les ministres européens de l’environnement décidèrent d’endiguer l’érosion de la biodiversité avant 2010. Avons-nous atteint cet objectif?
L’étude du Forum Biodiversité Suisse apporte une réponse documentée à cette question. L’analyse, très détaillée, s’appuie sur les meilleures données disponibles et dépeint, par une approche différenciée des multiples aspects de la diversité biologique, comment la biodiversité a évolué en Suisse depuis 1900. Les résultats montrent que la nécessité d’agir demeure.
Un livre de Thibault Lachat, Daniela Pauli, Yves Gonseth, Gregor Klaus, Christoph Scheidegger, Pascal Vittoz et Thomas Walter (Réd.)
2011 «Collection Bristol» volume 25.
env. 350 pages, env. 160 photos, env. 20 illustratiions, broché
EUR 23.50 (D) / CHF 36.–
(plus frais d’expédition)
ISBN 978-3-258-07569-3
La biodiversité est en net recul
Parmi les 1.8 millions d’espèces décrites par les biologistes, on distingue près d’un million d’insectes et 300’000 plantes.
Toutes ces espèces ne sont pas présentes pour leur beauté. Chaque espèce joue un rôle important par ses relations avec son milieu et les autres espèces.
Le grand nombre d’espèces, la biodiversité et les interactions entre les plantes, les animaux, les microorganismes et l’espèce humaine permettent à la vie de se perpétuer.
La biodiversité est indispensable à la vie.
Malheureusement, elle est en péril par la période d’extinction massive qu’on vie actuellement. Ceci est la conséquence de l’explosion démographique humaine qui exploite et colonise plus rapidement que jamais.
Notre espèce a tout de même sa place dans la nature, mais à condition de la respecter et de l’exploiter correctement. Une trop grande densité de moutons dans les Alpes, et broutant dans des milieux inadéquats, porte une atteinte grave à la biodiversité par une destruction des pelouses alpines et une érosion du terrain.
Chacun peu favoriser la biodiversité en se comportant de manière respectueuse dans la nature en ne cueillant pas de fleurs, en n’hurlant pas en pleine forêt et en ne sortant pas des chemins balisés.
Chez soi, il suffit de remplacer le gazon vert monotone par une prairie de fleurs, habitée par des papillons et le hérisson, et qui sera fouchée au bon moment.
Une chance pour les oiseaux des prairies
La Station ornithologique suisse et l’Association Suisse pour la Protection des Oiseaux ASPO/BirdLife Suisse approuvent les lignes directrices de la politique agricole 2014-17
Dans le cadre de la procédure de consultation sur la politique agricole 2014-17, le Conseil fédéral propose de supprimer les contributions forfaitaires pour animaux. Ce pas important vers une agriculture proche de la nature contribue à faire baisser la pression sur les espèces menacées comme le tarier des prés et l’alouette des champs. Sans cela, l’appauvrissement des prairies va continuer à progresser, également dans les régions de montagne.
Les oiseaux exigeants sont en régression
Un suivi de l’avifaune suisse sur 20 ans
Le Swiss Bird Index SBI® montre que les effectifs des oiseaux qui ont des exigences élevées en matière d’habitat ont diminué en Suisse ces 20 dernières années. Les oiseaux nichant dans les marais et au bord des cours d’eau ont tout particulièrement de la difficulté à maintenir leurs effectifs. Si l’indice de l’ensemble des oiseaux nicheurs a tout de même une tendance positive, c’est surtout grâce aux espèces très répandues et peu exigeantes.
Toujours moins d’oiseaux dans les prairies et les champs cultivés
Ces dix dernières années, les effectifs d’espèces d’oiseaux de la zone agricole ont continué de diminuer massivement. L’objectif fixé par la Confédération de conserver et favoriser ces espèces devient de moins en moins réalisable. Cependant, il reste un espoir : le Conseil fédéral a promis d’améliorer la situation de la biodiversité avec la nouvelle politique agricole.
La Station ornithologique suisse s’inquiète : ces dix dernières années, les effectifs de vanneaux huppés, d’alouettes des champs et de tariers des prés ont chacun diminué de 20%. Ces indicateurs infaillibles montrent que la biodiversité dans la zone agricole continue à baisser.
Grandes lacunes dans l’aboutissement des objectifs
Les Offices fédéraux de l’agriculture (OFAG) et de l’environnement (OFEV) ont défini dans leur rapport « Objectifs environnementaux pour l’agriculture » quelles espèces d’oiseaux devaient être protégées et conservées dans les régions suisses utilisées pour l’agriculture. La Station ornithologique suisse a calculé un indice à partir des tendances d’effectifs de ces espèces. La courbe récemment publiée sur l’évolution des effectifs de ces espèces montre une baisse vertigineuse.
« Les espèces d’oiseaux particulièrement exigeantes parmi lesquelles se trouvent des espèces autrefois fréquentes comme le tarier des prés ou le bruant jaune, ont fortement décliné et ont déjà disparu de nombreux endroits » explique Simon Birrer de la Station ornithologique et auteur de l’étude. « L’exploitation agricole trop intensive en est la cause. L’emploi d’engrais et de produits phytosanitaires ainsi que la forte mécanisation anéantissent la nourriture de base de beaucoup d’espèces d’oiseaux et détruisent des sites de nidification. »
Lueur d’espoir
Mais malgré une situation initiale défavorable, un espoir demeure : dans la nouvelle politique agricole 2014-17, le Conseil fédéral indique comment il veut améliorer la situation des espèces animales et végétales menacées. Les agriculteurs qui fournissent des prestations de leur plein gré en faveur de l’environnement et de la diversité des espèces recevront plus de paiements directs. En même temps, l’attrait pour une intensification dommageable de la production sera diminué.
Il est possible d’allier la production de nourriture avec l’exploitation et la création d’habitats de haute valeur écologique. C’est ce que démontrent les producteurs de différents labels remportant beaucoup de succès sur le marché en ce moment.
Communiqué de presse de la Station ornithologique suisse du 14.04.2011
Source
Birrer S., M. Jenny & N. Zbinden (2011): Evolution des populations d’oiseaux nicheurs dans les zones agricoles de 1990 à 2009. Agrarforschung Schweiz 1 (2), 66-71.
Déclin dramatique des populations d’amphibiens
Un déclin dramatique des populations d’amphibiens, notamment des disparitions de populations et des extinctions locales, ont été répertoriées durant les deux dernières décennies à travers le monde. Plusieurs causes sont avancées, comme la destruction des habitats naturels et leur modification, la surexploitation de certaines populations, la pollution, l’introduction d’espèces concurrentes, le changement climatique, la destruction de la couche d’ozone (les radiations ultra-violettes se sont montrées particulièrement néfastes pour la peau, les yeux et les oeufs des amphibiens) et des maladies.
Du fait des nombreuses menaces qui pèsent sur elles, de très nombreuses espèces sont classées comme étant en danger par l’IUCN. La communauté scientifique internationale commence à prendre conscience de l’ampleur du désastre et tente de mettre en place des plans de protection des espèces menacées.