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Agriculture

Une chance pour les oiseaux des prairies

La Station ornithologique suisse et l’Association Suisse pour la Protection des Oiseaux ASPO/BirdLife Suisse approuvent les lignes directrices de la politique agricole 2014-17

Dans le cadre de la procédure de consultation sur la politique agricole 2014-17, le Conseil fédéral propose de supprimer les contributions forfaitaires pour animaux. Ce pas important vers une agriculture proche de la nature contribue à faire baisser la pression sur les espèces menacées comme le tarier des prés et l’alouette des champs. Sans cela, l’appauvrissement des prairies va continuer à progresser, également dans les régions de montagne.

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Toujours moins d’oiseaux dans les prairies et les champs cultivés

Ces dix dernières années, les effectifs d’espèces d’oiseaux de la zone agricole ont continué de diminuer massivement. L’objectif fixé par la Confédération de conserver et favoriser ces espèces devient de moins en moins réalisable. Cependant, il reste un espoir : le Conseil fédéral a promis d’améliorer la situation de la biodiversité avec la nouvelle politique agricole.

La Station ornithologique suisse s’inquiète : ces dix dernières années, les effectifs de vanneaux huppés, d’alouettes des champs et de tariers des prés ont chacun diminué de 20%. Ces indicateurs infaillibles montrent que la biodiversité dans la zone agricole continue à baisser.

Grandes lacunes dans l’aboutissement des objectifs

Les Offices fédéraux de l’agriculture (OFAG) et de l’environnement (OFEV) ont défini dans leur rapport «  Objectifs environnementaux pour l’agriculture » quelles espèces d’oiseaux devaient être protégées et conservées dans les régions suisses utilisées pour l’agriculture. La Station ornithologique suisse a calculé un indice à partir des tendances d’effectifs de ces espèces. La courbe récemment publiée sur l’évolution des effectifs de ces espèces montre une baisse vertigineuse.

« Les espèces d’oiseaux particulièrement exigeantes parmi lesquelles se trouvent des espèces autrefois fréquentes comme le tarier des prés ou le bruant jaune, ont fortement décliné et ont déjà disparu de nombreux endroits » explique Simon Birrer de la Station ornithologique et auteur de l’étude. « L’exploitation agricole trop intensive en est la cause. L’emploi d’engrais et de produits phytosanitaires ainsi que la forte mécanisation anéantissent la nourriture de base de beaucoup d’espèces d’oiseaux et détruisent des sites de nidification. »

Lueur d’espoir

Mais malgré une situation initiale défavorable, un espoir demeure : dans la nouvelle politique agricole 2014-17, le Conseil fédéral indique comment il veut améliorer la situation des espèces animales et végétales menacées. Les agriculteurs qui fournissent des prestations de leur plein gré en faveur de l’environnement et de la diversité des espèces recevront plus de paiements directs. En même temps, l’attrait pour une intensification dommageable de la production sera diminué.

Il est possible d’allier la production de nourriture avec l’exploitation et la création d’habitats de haute valeur écologique. C’est ce que démontrent les producteurs de différents labels remportant beaucoup de succès sur le marché en ce moment.

 

Communiqué de presse de la Station ornithologique suisse du 14.04.2011

Source
Birrer S., M. Jenny & N. Zbinden (2011): Evolution des populations d’oiseaux nicheurs dans les zones agricoles de 1990 à 2009. Agrarforschung Schweiz 1 (2), 66-71.

Lutte pour la lumière dans les prairies

On sait que la biodiversité dans les prairies diminue lorsque celles-ci reçoivent de l’engrais. Yann Hautier, Pascal Niklaus et Andrew Hector de l’Université de Zurich ont maintenant réussi à montrer que ce phénomène est dû à une lutte inégale pour une place au soleil.
Pendant plusieurs années, ces chercheurs ont étudié différentes petites prairies sous serre. Dans les prairies sans engrais, la disparition de certaines espèces a été compensée par un afflux équivalent d’espèces végétales nouvelles. Dans celles sous engrais, la biodiversité a en revanche baissé d’un tiers. L’apport en nutriments a permis à certaines plantes de grandir rapidement et de voler la lumière aux plantes à croissance lente, ce qui a empêché leur survie ainsi que la colonisation par de nouvelles espèces. La diversité s’est toutefois maintenue lorsque les chercheurs ont éclairé de façon ciblée la végétation des étages inférieurs.
Ils ont ainsi pu conclure que la perte de la biodiversité venait de la lutte entre végétaux pour la lumière, une lutte qui se renforce avec l’apport d’engrais.
« Nos résultats soulignent à quel point il est important de réduire cet apport nutritif, note Andrew Hector. Ces cinquante dernières années, les quantités d’azote et de phosphore dont disposent les plantes ont doublé. »

Horizons N°82, septembre 2009, Ori Schipper

Science, 2009, vol. 324, pp. 636 – 638. Accès en ligne : www.zora.uzh.ch/18666

Un nouveau chez soi pour alouettes des champs

Plusieurs études européennes montrent que des petits espaces dégagés au milieu des champs de céréales profitent aux alouettes des champs, espèce qui a déjà disparu de nombreuses régions. Sur la base de ces connaissances, la Station ornithologique suisse a mis au point des mesures de conservation. En collaboration avec les agriculteurs IP-Suisse, la Station ornithologique s’efforce de les mettre en pratique dans tout le pays, pour le bien des alouettes des champs et d’autres animaux des régions agricoles.
A la fin des années 1990, des études ont montré que les alouettes des champs nichaient souvent près d’espaces « dégagés » dans les champs de céréales, là où aucune céréale ne pousse et où la végétation reste basse et clairsemée. C’est ainsi que l’idée est venue de laisser intentionnellement des zones non semées dans les champs de blé d’hiver exploités intensivement.

Les espaces dégagés sont des bouées de sauvetage

Les résultats d’une étude britannique se sont révélés extrêmement prometteurs. Grâce à des espaces non semés appelés aussi « patchs », les alouettes des champs nichaient plus longtemps de telle sorte que le nombre de jeunes parvenant à l’envol était 50 % plus élevé que dans une région similaire dépourvue de patch. Dans une étude de la Station ornithologique suisse, on a pu montrer que les alouettes des champs défendaient de telles petites surfaces non semées. Les champs de blé avec des patchs restaient dans leur territoire jusqu’en juillet, permettant à une deuxième ou une troisième nichée d’être élevée avec succès. De plus, les petites surfaces non semées étaient souvent utilisées pour la recherche de nourriture. Par contre, le blé d’hiver sans espaces dégagés était déjà « déserté » à la fin mai. Pour le succès des mesures de conservations, il est primordial que les patchs soient éloignés des bords du champ et des traces de tracteurs afin de protéger les nichées des prédateurs. En plus des alouettes des champs, des lièvres bruns et des cailles des blés ont aussi été observés dans les petites surfaces non semées, ce qui montre que ces patchs ont aussi de la valeur pour d’autres animaux sauvages.

http://www.vogelwarte.ch

L’agriculture bio produit moins de CO2

L’agriculture biologique demande moins d’énergie, moins d’engrais et moins de pesticides qu’une exploitation agricole traditionnelle, malgré l’utilisation modérée de cette dernière.
Les agriculteurs bio utilisent le fumier et le purin de leur exploitation. Ils se passent donc des engrais chimiques coûteux et dont la production est très gourmande en énergie. De plus, le paysan bio doit utiliser en grande partie des fourrages produits par sa propre exploitation.
L’utilisation des produits internes

L’agriculture et la sylviculture en Suisse

Le nombre d’exploitations agricoles a reculé de plus de 30% de 1990 à 2005. La Suisse compte aujourd’hui un peu moins de 64’000 exploitations agricoles.
En 2005, les cultures biologiques représentaient 11% de la surface agricole utile totale.
La Suisse exploite plus de 5 millions de mètres cubes de bois par an. Ce bois, empilé, formerait un cube de plus de 170 mètres de côté.
Pour promouvoir une agriculture plus respectueuse de l’environnement, le législateur a défini des prestations écologiques requises (PER), que les exploitants sont tenus de fournir pour obtenir des contributions de la Confédération. Il s’agit des prestations suivantes: bilan de fumure équilibré, surfaces de compensation écologique (au moins 7% de la surface agricole utile), assolement régulier, protection adéquate du sol et des animaux, utilisation restrictive et ciblée de produits phytosanitaires. Ces mesures visent à promouvoir la diversité naturelle des espèces, à réduire la teneur en polluants des eaux et à assurer une garde d’animaux de rente respectueuse de l’espèce.
Le bois est une matière première et un agent énergétique renouvelable qui présente de nombreux avantages économiques et écologiques. Une exploitation forestière rationnelle permet de produire une matière première durable et neutre pour le climat. L’exploitation forestière est nécessaire également pour que la forêt puisse remplir ses fonctions de protection et de lieu de détente.

http://www.statistique.admin.ch
http://www.environnement-suisse.ch/foret
http://www.blw.admin.ch